Lorsqu'il
bricole sa Fiat 1500 dans le garage d'un ami, Burkhard Bovensiepen
est loin d'imaginer jusqu'où le mènera sa passion.
D'ailleurs, les premiers pas ne sont guère convaincants :
avec son gros carbu, ses cames plus pointues et son échappement
libéré, la Fiat a certes gagné en performances,
mais crache une fumée peu rassurante.
En 1963,
BMW lance la 1800 : la nouvelle venue est plus performante que la
1500, son aînée vendue au même prix. Bovensiepen
conçoit alors un kit permettant de rejoindre la puissance
de la 1800 en échange d’une somme modique. La première
préparation Alpina est née !
Intrigués
par le kit, les ingénieurs de Munich se procurent un modèle
préparé. Admiratifs devant la qualité du travail,
ils apportent leur soutien à Bovensiepen, qui devient le
premier préparateur officiellement reconnu par un constructeur.
Parallèlement,
Bovensiepen prépare des voitures pour la course et fait d'Alpina
le département compétition de BMW, hors Formule 1.
Les BMW-Alpina sont partout : endurance, rallyes, courses de côte,
avec à leur volant, les meilleurs pilotes du plateau.
A la fin
des années 60, BMW lance la 2002 tii. Alpina retravaille
le moteur et en sort 165 ch au lieu des 130 d'origine ! Décidément
très impressionné, BMW lui confie le développement
d'un modèle particulièrement important en termes d'image
de marque : le coupé 3.0 CSL, évolution ultime de
la série des CS apparue fin 1968. Carrossée par Karmann,
possédant de nombreuses pièces en alliage léger,
des vitrages en plexiglas et une suspension raffermie, la BMW 3.0
CSL est une merveille d'efficacité. Alpina en décline
une version préparée, portant la puissance du six
cylindres à 250 ch avec des performances extraordinaires
pour l'époque : 6,7 s sur le 0 à 100 km/h, 0 à
200 km/h en 27,1 s. Ce modèle emporte le Championnat d'Europe
des voitures de tourisme en 1973.
Le préparateur
se retire momentanément de la compétition pour se
recentrer sur les voitures de tourisme. Il présente, en 1978,
une gamme complète : B6 (une Série 3 à moteur
six cylindres), B7 Turbo (une Série 5 suralimentée
de 300 ch, berline la plus rapide du monde) et B7 Turbo Coupé
(un coupé Série 6 de 300 ch).
Après
un bref retour à la compétition (1987-88), Alpina
dévoile la plus folle de ses réalisations : la B10
Biturbo, une 535i dont le six cylindres, dopé par deux turbocompresseurs,
délivre 360 ch pour atteindre 290 km/h.
Fin 1996,
BMW confie à Alpina le développement d'un moteur diesel
à hautes performances. Deux ans et demi plus tard, la D10,
réalisée sur une base de Série 5 et dotée
d’un six cylindres de 2,9 litres suralimenté par deux
turbocompresseurs à géométrie variable, devient
la plus rapide des berlines diesel.
Après
les démonstrations de force des années 80-90, Alpina
affiche aujourd’hui des ambitions plus modestes : occuper
les niches laissées vacantes par le géant BMW. Ce
débouché suffit à faire le bonheur de la petite
marque, dont l'exclusivité - 850 voitures annuellement produites
- est un argument de vente.
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BMW Alpina 2002 tii

Niki Lauda sur BMW Alpina 3.0 CSL au Nürburgring, 1973

Alpina BMW B10 Bi-Turbo

Alpina B12 Coupé 1992

Alpina B7

BMW Alpina Roadster V8
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