Modèle
atypique dans l'histoire de la firme munichoise, la 507 apparaît,
avec la M1, comme la plus belle et la plus mythique BMW des 50 dernières
années.
Une initiative
américaine
Perle des BMW d'après guerre, la 507 a été
lancée à l'initiative de l'importateur américain
Max Hoffman pour mener la chasse aux dollars. Construit sur la base
de la berline 502, dont l'empattement a été raccourci,
ce roadster d'exception fait sensation lors de sa présentation
au Salon de Francfort en 1955. Mais la 507 ne rencontrera pas outre-Atlantique
l'accueil escompté et l'histoire de cette superbe voiture
se soldera par un échec commercial. Pas plus de 254 exemplaires
verront le jour entre novembre 1956 et mars 1959.
Un design de rêve
Le magnifique design de cette stricte deux places à la carrosserie
en aluminium est dû au styliste Albrecht Grtz. Sa forme
fuselée et très dynamique donne à la voiture
l'impression d'être plus longue qu'elle n'est en réalité
(4,38 m). Arc-boutée sur ses roues de 16 pouces, la 507 suggère
la puissance, tandis que le porte-à-faux avant est réduit
à sa plus simple expression. L'intérieur confortable
offre une grande aisance, l'espace central étant dégagé
grâce à la transmission qui fait bloc avec le moteur.
La décoration traduit un goût américain assez
prononcé et la sellerie est aux antipodes de la sévérité
des créations d'outre-Rhin. Abritée derrière
un pare-brise panoramique typique de l'époque, la planche
de bord paraît a contrario très dépouillée.
L'onctuosité
du V8
La 507 hérite du V8 de 3,2 litres de la 502. Super carré
mais à arbre à cames latéral, ce moteur en
alliage léger reçoit 2 carburateurs double corps Zenith.
S'il lui a été reproché son manque de puissance
(150 ch), on ne peut que louer sa vivacité. Mais son atout
principal réside dans sa grande souplesse et sa large plage
d'utilisation, la plus grande partie du couple étant disponible
à très bas régime. Plus souple que le 6 cylindres
de la Mercedes 300 SL, il s'avère aussi nettement moins puissant.
Souvent présentées comme concurrentes, les deux voitures
n'appartiennent pas à la même catégorie. Du
reste, la 507 n'aura pas de carrière en compétition.
La boîte de vitesses ZF concourt largement au plaisir de conduite.
Douce et d'un maniement aisé, elle est une merveille de synchronisation.
Un grand plaisir de conduite
La 507 jouit d'une remarquable tenue de route. Très alerte
sur parcours sinueux malgré ses 1330 kg, elle est un régal
à conduire. Virant très sainement et dépourvue
des pertes d'adhérence du train arrière, qui pénalisent
habituellement les voitures équipées d'un essieu rigide,
elle doit son comportement neutre à sa suspension à
barres de torsion, ainsi qu'à l'égale répartition
de ses masses. Légère, directe et d'une grande précision,
la direction à crémaillère constitue l'un des
points forts de la 507.
Sous
un aspect de roadster sauvage, la BMW 507 offre le visage d'une
grande routière brillante et confortable dotée d'une
exceptionnelle douceur de fonctionnement.
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